Bonjour les débats

15/11/2016

Bonjours, chers lecteurs du Pop. En cet espace d’où nous inaugurons mon entrée dans l’espace éditorial du journal que vous avez choisi de lire – je devrais peut-être préciser que cette entrée est aussi un retour dans un groupe que j’ai, sans abus aucun, fondé- nous avons choisi de parler, régulièrement, de différents aspects de l’actualité, politique, économique, sociale, culturelle et autres, qui auront interpellé notre curiosité. Je parle bien entendu de la curiosité saine du journaliste, éditorialiste, reporter (encore et pour longtemps encore puis-je espérer) commentateur et analyste. Régulièrement ? La périodicité en sera décidée ultérieurement, en étroite collaboration avec l’équipe courageuse et compétente que je viens d’intégrer avec l’immense honneur de la diriger. C’est peut-être le lieu de rendre hommage à ceux qui ont fait du Pop ce qu’il est aujourd’hui, de Thierno Talla, à Yakham Mbaye, sans oublier Daouda Diarra qui est encore avec nous et dont la période durant laquelle il a assuré l’intérim à sa direction a été judicieusement mise à profit pour apporter une touche de bienfaits encourageants au journal. La semaine écoulée, et un peu celle l’ayant précédée, se sont révélées fournies en faits et gestes dignes d’attention d’hommes publics parmi lesquels Youssou Ndour et Serigne Mansour Sy Djamil retiendront en premier notre attention. Tous deux sont, chacun,  à la tête d’une organisation dite Mouvement citoyen, respectivement Fekke ma ci boole et Manifeste citoyen pour la refondation du Sénégal. Ils s sont rencontrés pour mettre en place une plateforme de réflexion destinée à « engager des actions communes ». Ces messieurs ne sont pas les seules personnalités de la Société civile qui, devant les incertitudes politiques auxquelles notre pays fait face, sans se dévêtir de leurs habits civils, ont arboré des armes, un discours et une stratégie de positionnement dans l’espace public habituellement occupé par les hommes politiques, je vais dire les professionnels de la politique. Eux-mêmes, et les autres, leurs semblables qui sont entrés quasiment en même temps et massivement sur ce terrain glissant – j’en citerai quelques autres seulement, Bara Tall, ingénieur et patron de la moribonde entreprise Jean Lefebvre, éditeur à ses heures perdues, Cheikh Tidiane Gadio, journaliste consultant, ancien ministre des Affaires étrangères-, ont la particularité de ne pas dissimuler leur volonté de s’opposer ouvertement au pouvoir en place. Cela, contrairement à la Société civile de type classique, généralement portée par les ONG et d’autres types de regroupements, intellectuels notamment. Les figures marquantes en sont Jacques Habib Sy, Mouhamed Mbodj, Penda Mbow, Alioune Tine, pour n’en citer que quelques-unes, et elles se sont toujours défendues de faire de la politique, surtout d’être des opposants- ce qui, soit dit en passant, ne les a pas soustraites aux indexations du pouvoir… Les opposants civils au pouvoir libéral sont des sortes de mutants nés des agissements peu orthodoxes du pouvoir en matière de bonne gouvernance démocratique et économique, tout cela prenant racine dans une gestion trop personnalisée de ce qui ne sera jamais qu’un mandat populaire, révocable à terme, obtenu à partir d’élections où tous les candidats avaient les mêmes chances de l’emporter – s’il fallait le dire en wolof, mais certain acteur essentiel dans […]

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Outrage…

28/07/2016

Dressant le portrait psychologique du magistrat lors de son allocution d’ouverture du 53ème congrès de l’Union internationale des magistrats, Me Abdoulaye Wade, président de la république du Sénégal, président du Conseil supérieur de la magistrature n’y est pas allé avec le dos de la cuiller. Il est formel « Le magistrat ne veut pas être indépendant » (en Une du Populaire du mardi  9/10). Bien sûr, l’auteur de cette sentence définitive parlait de ses magistrats à lui, les juges sénégalais. Leurs hôtes présents ont dû le comprendre ainsi parce qu’aucune protestation, à notre connaissance, fort opportunément, n’a fusé de leurs rangs.  Moins opportunément, aucune protestation n’a également été enregistrée du côté de nos juges et procureurs, y compris du syndicat ; même si le président Wade, plus tranchant encore, avait aussitôt ajouté à leur destination : « C’est comme des esclaves. On les libère, ils font deux cent mètres et ils reviennent pour dire : ‘’je ne sais où aller’’ ». C’est d’une violence inouïe ! Ça passerait pour une remarque quasiment inconsidérée parce que discourtoise vis-à-vis de serviteurs de l’Etat à un niveau si élevé ; et l’on penserait que l’absence de réaction, même de l’opinion publique, à la mesure de cette sortie, tiendrait à ce fait gravissime que les déclarations du chef de notre Etat, même vexantes ou d’une quelconque gravité, feraient maintenant plus rigoler qu’elles n’indignent ou ne mettent en colère quiconque. Cependant, et pour rester dans le vif du sujet – parce qu’il serait désastreux qu’on en arrive à vraiment prendre les paroles du président pour quantité risible– Wade est, dans ce pays, le seul qui soit en position d’asservir ou de libérer les magistrats ; il doit donc savoir de quoi il parle. Et c’est lui qui dit que, « libérés », les magistrats reviennent apeurés à la maison du maître redemander leurs chaînes parce qu’ils ne savent « où aller ». On peut à ce stade se dire que c’est une métaphore – un trait satirique – et penser que, remis dans son contexte, le propos paraîtrait moins mordant, mais Wade se fait plus précis, abandonnant la métaphore  (page 5 du même journal) : « Si les magistrats ne veulent pas se libérer, qu’est-ce que vous voulez ? S’ils ne veulent pas se libérer des contraintes économiques de l’exécutif, on n’y peut rien ». En passant, le chef de l’Exécutif vient de nous dire que toute l’affaire tient à une question d’argent. S’il parle d’expérience, on serait en droit de scander à l’intention du président : « Des noms ! Des noms ! ». On a du mal à croire que tous ces magistrats magnifiques dans leurs habits d’apparat, qui en imposent par la solennité de leurs postures et décident avec bonne conscience du sort des gens et du peuple –parce qu’ils sont aussi juges des élections- ont si peur de leur propre liberté d’action, en un mot de leur indépendance, à cause de « contraintes économiques ». Comme un charcutier, mais opérant sur de la chair vive – car le président a, assis à ses côté, un magistrat controversé, le plus haut placé dans la hiérarchie, Cheikh Tidiane Diakhaté, président du Conseil constitutionnel, et face à lui la crème de la magistrature sénégalaise mêlée à celle du […]

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Pourquoi Dakar ne doit pas rompre avec Téhéran

09/07/2016

De l’affaire de la cargaison d’armes iraniennes saisie au Nigéria et destinée à la  Gambie, selon les versions officielles nigériane et sénégalaise, l’on ne saura jamais tout. Diverses sources proches des milieux diplomatiques, à la fois sénégalaises et iraniennes, soutiennent – et cela tient parfaitement la route-, que ces armes, quelle que fût leur destination, n’étaient pas sous le contrôle du gouvernement d’Ahmedinejad. La complexité des relations entre les diverses forces politiques en Iran, leur poids sur l’échiquier national ou leur influence sur la place de l’Iran dans le jeu diplomatique mondial ne sont pas toujours d’une limpidité cristalline pour les observateurs et même pour les Etats partenaires ou adversaires de l’Iran. Il apparaît que les Gardien de la Révolution, par exemple, seraient à l’origine de cette affaire que nous n’avons pas, ici, la prétention de décrypter pour la raison que nous avons invoquée en introduction de ce papier : on ne saura jamais tout de cette histoire d’armes. Il est juste utile de dire que, parmi les forces en présence sur l’échiquier politique iranien, les Gardiens de la Révolution, qui ont grandi et ont polarisé autour d’eux des intérêts au-delà des frontières du pays, sont les plus turbulentes et les plus incontrôlables pour un pouvoir central pris entre plusieurs feux aux plans intérieur et extérieur. De toute évidence, cette affaire des « armes de Jammeh » relève des services secrets, la diplomatie servant, ici, comme souvent, de paravent honorable et policé à ces guerres chaudes ou froides, jamais éteintes, toujours féroces que se livrent les Etats, les Grandes et moins grandes puissances en tête. Leurs enjeux étant multiples : économiques, géostratégiques, culturel entre autres. Mais alors, parlons de ce que l’on sait – plus ou moins, bien évidemment !- d’une affaire qui met notre pays en situation face à l’Iran, puissance émergente dissidente d’un Ordre mondial dominé par un Occident fort préoccupé présentement à contenir l’Inde, la Chine, le Brésil, pourtant tous bien sages comparativement au régime d’Ahmedinejad, véritable poil à gratter pour les puissances occidentales et leurs alliés de tous les coins du monde, parmi lesquels, traditionnellement, notre pays est compté. Ce statut de trublion de l’Ordre mondial est notamment illustré par la question du nucléaire iranien, véritable épouvantail brandi par l’Occident devant les yeux apeurés de nos Etats-moineaux dès qu’ils entendent s’approcher des champs de l’Iran, très riches grâce au pétrole  en biens et équipements fort utiles à nos pays pauvres. Or, depuis dix ans, notamment, reprenant et dépoussiérant un dossier de coopération entre le Sénégal et l’Iran vieux du temps du Chah Reza Pahlavi et de Léopold Sédar Senghor, Abdoulaye Wade a su construire avec le régime présenté comme sulfureux des mollahs des relations chaleureuses, quasi- exceptionnelles comparées aux liens entretenus par Téhéran avec d’autres Etats africains. Bien entendu, c’est avec un bonheur indicible et un volontarisme jamais démenti que les Iraniens ont saisi la main chaleureuse tendue par Dakar. Entre Dakar et Téhéran s’est instaurée une coopération multiforme sur laquelle il n’est pas besoin de développer des tonnes de théories fumeuses, ni d’égrener quelque chapelet des réalisations économiques concrètes qu’elle a permises. Nous allons juste rappeler quelques évidences instructives sur […]

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EDITORIAL

BIENVENUE a PKSNEWS

But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful. Nor again is there anyone who loves or pursues or desires to obtain pain of itself, because it is pain, but because occasionally circumstances occur in which toil and pain can procure him some great pleasure. To take a trivial example, which of us ever undertakes laborious physical exercise, except to obtain some advantage from it? But who has any right to find fault with a man who chooses to enjoy a pleasure that has no annoying consequences, or one who avoids a pain that produces no resultant pleasure?