En me penchant sur les tares de la presses sénégalaise, qui font les délices de rieurs pas toujours forcement malveillants et donnent du grain à  moudre aux pourfendeurs intéresses des journalistes, je n’entends pas lui exiger une quelconque perfection, encore moins la condamner définitivement. Il s’agit d’un appel à une prise de conscience de nos insuffisances, qui s’appuie sur la mise en lumière de nos fautes professionnelles, quotidiennes, massives et systématiques.  La presse, sous tous les cieux, fait partie de ce que l’on appelle l’intelligentsia. L’ensemble des intellectuels d’une communauté dit le Larousse. Or. à son allure, la presse sénégalaise ne donne même plus l’impression de vouloir compter parmi ceux qui pensent ce pays, orientent ses choix, pèsent sur son destin. Les journalistes semblent s’inscrire dans une démarche du genre « va comme je te pousse », et c’est rageant de se rendre compte que ce problème n’est pris en charge par personne de manière rationnelle. Alors des gens, aussi responsables que nous dans la déliquescence frappant notre métier, décides à faire notre bonheur noire place, concoctent dans leurs officines ce que j’appelle des fausses solutions.

Or, il nous revient à nous d’assainir nos mœurs professionnelles, par une mise sur la table des problématiques abordées dans ce modeste ouvrage, et que l’on évacue entre deux bouchées lors de déjeuners entre nous. Je reprends dans cet ouvrage – en l’opposant à nos postures molles face à nos insuffisances – un florilège représentatif de la vivacité des controverses entre journalistes autour de ce métier qui s’est toujours regardé dans les yeux depuis sa naissance au 17ème siècle. Je redis mon souhait de voir cet essai susciter un débat, des confrontations du même type. Je souhaite que la critique soit, en toute justice, critiquée. Avec véhémence, au besoin, mais il faudrait lui répondre aux plans du texte et des idées, ne pas jeter sur elle de suspicion idéologique ou morale, ne pas lui faire de querelles de légitimité, de toute façon improbables et inutiles. Car n’importe quel lecteur attentif de nos journaux aurait pu écrire ce livre qui débusque et fustige des pratiques professionnelles insupportables ayant terni l’image des journalistes, affaiblie la presse, et risque de l’achever pour de bon.

Note de lecture d’El Hadj Kassé

psknews Memoire corrective Par El Hadj H