23/02/2019

QUAND WADE VOTE MACKY, SANS EN AVOIR L’AIR …/

PAR PAPE SAMBA KANE/

Personne n’en doute, l’implication de l’ancien président, Abdoulaye Wade, dans la présente présidentielle est motivée par la remise dans le jeu politique de son fils, Karim. Ses ambitions, légitimes, pour son enfant sont sa seule et obsessionnelle motivation. On aura eu le temps de s’en rendre compte depuis son investiture comme candidat du Pds, contre tout bon sens. Ce qui a conduit à l’exclusion du parti libéral de la compétition de demain. Qu’à cela ne tienne, Wade plonge dans le combat électoral. Débarque au pays et menace de chahuter le scrutin – par la violence au besoin ! Son « retenez-moi ou je fais un malheur » marche. On l’appelle en Guinée, on le calme un peu, par quelque assurance sur le sort de Karim, il met de l’eau dans son vin et révise sa stratégie pour parler de boycottage des élections. En somme, ces élections, Wade garde l’objectif de les chahuter, mais pacifiquement. Les missi-dominici locaux s’investissent, peut-être quelque coup de fil des Chefs d’Etat étrangers, dont lui-même a dit qu’ils ont calmé ses ardeurs, lui parvient-il pour lui rappeler ses engagements. Il dilue encore un peu plus son vin dans de l’eau : son mot d’ordre devient : « Personnellement, je n’irai pas voter ». La République est sauvée, mais pas encore son fils …

Si qui que ce soit d’autre que Macky Sall gagne la présidentielle, les arrangements faits avec les chefs d’Etat étrangers – avec le concours «  des chefs religieux » a encore révélé Wade – ne l’engageront pas. Si donc on reste sur l’objectif unique de cette intrusion de Wade dans l’élection – Karim libre et libre de ses droits -, l’intérêt bien compris de Wade est de voter et faire voter Macky Sall. Le seul candidat intéressé par cette affaire à l’heure où elle se nouait, et qui d’ailleurs avait bien, sans aucune pression apparente, envisagé pareil scénario sur le plateau de France 24. Mais Wade ne donne pas, ne donnera pas de consigne de vote en faveur de Macky Sall, leur relations pourries jusqu’à la moelle ne le permettent pas …

Or, à son « Je n’irai pas voter », Wade, qui apparemment s’est interdit de donner une consigne de vote en bonne et due forme, ni en faveur du président sortant, ni en faveur d’aucun autre candidat, a ajouté : « Je comprends » ceux qui vont donner leur vote à Idrissa Seck, Sonko, ou Issa Sall – il a la rancune tenace le vieux, il omet de citer Madické ! Mais là n’est pas la grande question. L’air de ne pas donner une consigne de vote, Wade vient d’en délivrer une de subtile.

Si, avec ce qui lui reste de poids politique, qui est considérable, Wade avait donné une consigne claire en faveur, par exemple, d’Idrissa Seck, il aurait semé le doute, voire la panique chez tous ses adversaires, y compris le camp présidentiel ; si Wade l’avait fait en faveur d’un quelconque autre des candidats, il lui offrait une place au second tour assurée, s’il en était …

Tout le poids électoral de Wade en faveur d’un seul candidat aurait changé bien des donnes. Et il le sait.  Or, si cette hostilité affichée contre Macky Sall l’emportait (dans son cœur et sa tête) sur son intérêt bien compris de sauvegarder des chances pour son fils de revenir dans le jeu politique, il aurait choisi l’un de ses adversaires …

Or le vieux a choisi de « distribuer » son potentiel électoral, de le disperser, pourrait-on dire, entre trois candidats (quatre en fait, parce que Madické Niang, lui, avait déjà pris sa part) de sorte que la part que chacun en recevrait ne soit pas décisive. Si ce n’est pas bien pensé, politiquement bien pensé, en faveur de Macky Sall, objectivement son candidat, c’est que Wade n’est pas Wade, Wade n’est plus Wade … !

ELECTEURS LIBRES OU PARTISANS
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Commentaire(1)

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    comment Émile P. W. DIOUF

    Idrissa SECK

    Le choix UTILE, le choix GAGNANT

    A quelques encablures de l’élection présidentielle du 24 février 2019, il nous parait utile de prendre position publiquement en faveur du candidat Idrissa SECK, qui est, à nos yeux, l’homme de la situation.

    Un choix utile

    En passant en revue le profil et le parcours politique des cinq candidats à la magistrature suprême, force est de constater que le candidat Idrissa SECK présente le meilleur profil. C’est, en effet, le candidat de la maturité, doté d’une expérience solide dans le secteur privé comme dans le public. Un président « prêt à l’emploi », qui connait les rouages de l’Etat et sait défendre les intérêts vitaux de son pays. Son passage à la Primature – station qu’il a marquée par la qualité de son leadership et son indéniable autorité – laisse présager qu’il est en mesure d’habiter la fonction présidentielle, et d’en assumer la plénitude des attributs. En outre, pour avoir survécu au plus grand complot d’Etat orchestré contre un homme politique sénégalais – dont le seul tort est d’avoir dévoilé très tôt son ambition de présider aux destinées de son pays – I ’ancien Premier ministre s’est carapacé pour faire face à l’adversité. Nul doute qu’il saura mener le vaisseau Sénégal, et tenir ferme le gouvernail contre les vents contraires, dans ce monde si agité et en perpétuel mouvement.

    Dans le contexte actuel, Idrissa SECK apparaît comme étant le candidat du consensus. En effet, il a suffisamment démontré, au sein de l’opposition et en de multiples occasions, son aptitude à fédérer autour de lui toutes les énergies et forces vives de la nation, en vue d’atteindre un objectif commun. Le fait que les 2/3 des candidats recalés se soient rangés derrière lui est assez éloquent, d’autant plus qu’il a su se montrer humble quand il le fallait, et intégrer les éléments les plus pertinents du programme de ces candidats dans le sien.
    En plus d’être le candidat de la maturité et du consensus, le leader du parti Rewmi a opéré sa mue. Jadis accusé d’être trop arrogant, trop suffisant et trop distant, il a su se reprendre en tirant les leçons de ses erreurs passées. Aujourd’hui, c’est un homme neuf que l’on voit communier avec autant de ferveur et d’empathie avec les foules surexcitées à Touba, qu’avec les populations d’un modeste hameau enclavé comme Koromadji, à Kidira.
    Challenger naturel du candidat sortant Macky SALL, le président Idrissa SECK est le seul capable de troubler la sérénité de façade affichée par le camp du pouvoir. Pour avoir été son patron dans l’attelage gouvernemental, entre 2003 et 2004, il est, de tous les candidats de l’opposition, celui qui connaît le mieux l’homme Macky SALL, ses forces et ses faiblesses. En fin stratège politique, il a su se faire oublier, laissant les hommes de paille de Macky SALL concentrer toute leur énergie dans leur entreprise sordide de liquidation de toute personne perçue comme une menace politique (Karim Wade, puis Khalifa SALL, et dans une certaine mesure Ousmane SONKO). Ironie de l’histoire, c’est le banni, le pestiféré, l’homme qu’on a méthodiquement sali et avili avec la complicité d’hommes de médias corrompus, qui rebondit de la plus belle des manières, pour se dresser devant le monstre et la gouvernance immonde qu’il incarne.

    Un choix gagnant

    Tel le phœnix qui renaît toujours de ses cendres, Idrissa SECK retrouve l’affection et la confiance de larges segments de la population. Celui qui, à maintes reprises, a été décrété mort politiquement par les spécialistes de la « météorologie politique », a eu l’intelligence de faire le dos rond, pour surgir au bon moment avec une « remontada » spectaculaire, que personne n’attendait après l’affaire « Bakka/Makka ». Et les tirs de barrages téléguidés ces derniers temps depuis le palais, dans la presse couchée, témoignent si besoin en était que la menace SECK est prise très au sérieux en haut lieu. Quel retournement de situation ! Il y a quelque chose de quasi-divin dans cet état de fait : un enchainement d’événements et de circonstances qui semblent baliser la voie à Idrissa SECK, dans sa marche vers le palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor. D’ailleurs, une victoire dès le premier tour ne serait pas en soi une surprise, au vu du formidable travail de terrain de terrain accompli – loin des médias et des réseaux sociaux, ces trois dernières années – et de la coalition inédite qui l’a accompagné dans une des campagnes électorales les plus abouties depuis près de 20 ans.

    S’il en est qui hésitent encore, à 24 heures du scrutin, pour notre part, le choix est fait. Et c’est un choix de cœur et de raison. Après avoir parcouru les programmes proposés par les cinq candidats en lice, nous pouvons affirmer avec force que le candidat Idrissa SECK est le choix gagnant pour le Sénégal. C’est le candidat qui a compris que le Sénégal, dans l’état actuel des choses, a plus besoin de JUSTICE, de BONNE GOUVERNANCE et de SECURITE que d’infrastructures de prestige sitôt inaugurées, sitôt fermées ! Ces trois axes majeurs du programme 1-3-15-45 sont, à notre sens, la voie royale du PROGRES et du DEVELOPPEMENT.

    Emile P. W. DIOUF

    Professeur de Lettres modernes

    Lycée Malick Sy de Thiès

    empawadi@gmail.com

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