Au hasard d’un coup d’oeil sur ma modeste bibliothèque, je suis tombé sur ce livre du
“Professeur de Cardiologie de classe exceptionelle à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar,
Abdoul Kane”, ainsi que l’auteur nous est présenté en quatrieme de couverture de son ouvrage,
au titre – je vous assure sans jeu de mot – très soigné que voici : “L’HÉTHIQUE, LE SOIGNANT ET
LA SOCIÉTÉ”.
Pas de jeu de mot de ma part, il n’y en a pas non plus de la part de l’auteur comme on le voit.
Cet enseignant, chercheur et praticien, specialiste du bistouri, annonce ainsi on ne peut mieux,
la couleur. Il va, on s’en rendra compte au fil des 185 pages de son livre, scalpel en main, et sans
anesthésie – je veux dire en n’ayant pas peur des mots – sans que ça vire à la boucherie non plus –
c’est-à-dire avec une précision chirurgicale -, disséquer notre système de santé.
Livre sorti aux éditions L’Harmattan de Dakar, déjà en 2016, avec une préface du philosophe
Ousseynou Kane, “L’ÉTHIQUE, LE SOIGNANT ET LA SOCIÉTÉ” pose, expose plutôt, sous les
angles technique et déontologique (pour faire court )des problèmatiques englobant politique,
économies et santè qui, aujourd’hui que nous sommes confrontés à cette pandémie majeure
qu’est le Covid19, prennent un relief particulier.
Par delà les réponses proposées par l’auteur aux questions sur les missions du soignant, ses
responsabilités sociale et politique, un axe central se dégage de ses préoccupations, quand
elles sont rapportées à l’envahissante actualité de la pandémie du Coronavirus. De son point de
vu, et toujours pour aller vite, aucun système de santé, le notre en particulier, en tant que pays
pauvre, ne devrait être dominé par ce qu’il appelle, je cite : “L’hopital entreprise”. Ici est pointée
l’option un peu hâtive de la privatisation de la santé où les hôpitaux et autres infrastructures
de soins sont qualifiés de “structures”, mot à filiation économique, où les business plan, bilan
et stratégies de rentabilité supplantent les Serments originels sur lesquels sont fondés les
vocations. Bref, on va le voir pour finir, ce livre est à lire par tous ceux qui sont en premières ligne
dans la lutte incertaine que nous menons contre le Covid19 et ses consequences actuelles et
futurs, comme pour la prévention cruellement devenue indispensable, de fleaux sanitaires qui lui
seront semblables dans l’avenir.
Car voici ce qu’en dit, en sa conclusion, la quatrième de couverture : “Lauteur espère susciter la
débat sur ce qui doit fonder une Rèpublique : mieux répartir les ressources et combler la béance
entre droit réel art droit théorique. Il rappelle que la médecine est avant tout un merveilleux
projet dévoué à l’homme qu’elle s’attache à respecter, à guérir et à soigner”. Et enfin, c’est
moi qui souligne ici : “LA MISSION DU SOIGNANT DEVRAIT AINSI ÊTRE ACCOMPLIE PAR DES
PRATICIENS GUIDÉS PAR UN SENS ÉLEVÉ DES RESPONSABLITÉS, LE COEUR ILLUMINÉ PAR LA
BONTÉ.”
Aujourd’hui que face à la pandémie nous sommes tous, individuellement, du haut en bas
de l’echelle, des praticiens, ne serait-ce que par la prévention, qui est affaire de tous, et que
l’irresponsabilité d’un seul Sénégalais peut faire s’effondrer tout le dispositif de défense
sanitaire, certes, mais aussi, économique, sociale et politique contre le Covid19, ce livre peut
être une véritable source d’inspiration.
Pour ma part, je ne suis pas mécontent de consacrer la présente chronique, sur un tel sujet, ce
mardi 12 mai, journée internationale des infirmières.
Pour leur alléger les tâches, lavons mous les mains, restons à la maison si on peut, et portons un
masque.