Il y a deux ou trois jours, sur la Bfm TV, télévision française au coeur des débats sur les effets de
la pandémie Covid19, des décryptages, et surtout couvertures méticuleuses, au quotidien, de
la question en Hexagone – mais non sans un intérêt notable pour ce qui se fait ailleurs- , j’ai noté
ceci qui me paraît important.
C’est de la bouche d’un praticien, urgentiste de haut niveau, sur la distanciation physique, je vais
y revenir.
À propos de celle-ci – et par parenthèse – on n’a pas eu besoin de l’Académie française pour –
le monde fracophone ensemble – la substituer à l’appellation “distanciation sociale” que tout le
monde avait adoptée, un peu affolé, au début, par l’irruption de ce vicieux virus dans nos vies.
Avec la nouvelle doctrine “Il faut apprendre à vivre avec le virus”, dont ni Emmanuel Macron, ni
Macky Sall ne sont les initiateurs, l’Italie, les USA, la Belgique même, le trois mai – une semaine
avant la France – pour ne citer que ces trois pays, avaient ouvert la voie. Ce qui indiquait que
les humains, qui s’habituent à tout, s’étaient faits à l’existence de ce voisin si petit qu’il en est
invisible, mais si diablement encombrant.
Et nous sommes alors revenu à nos esprits, pour bien nommer les choses. Distance physique
donc – ce qui nous va particulièrement bien, à nous Africains, si sociables -, à la place de
distanciation sociale. Et nous ramène – après cette longue digression, qui n’était pas superflue
– à notre sujet : cette chose importante notée sur Bfm TV. L’urgentiste en question informait
les journalistes et le public qu’au début de la pandémie, les scientifiques spécialisés s’étaient
trompés sur la bonne distance, abusés par l’expérience avec le SARS 1, virus apparue en 2013,
alors précurseur du SARS 2, ce fameux ou cette fameuse Covid19. Et de revéler que de nouvelles
études avaient démontré que la distance physique sécuritaire était d’un mètre soixante-dix.
Distance liée aux capacités de flottement dans l’air du corona virus nouveau, postillonné.
Et que donc, à partir de là, il fallait penser laisser deux mètres entre vis-a-vis, en ajoutant par
précaution trente centimètres de périmètre de sécurité supplémentaire. De toute façon le débat
avait été instauré en France avant même ces revelations de l’urgentiste et pour cause.
En Suisse et en Suède, ladite distanciation a été fixée à deux mètres, dès l’apparition des
premiers cas, et nos amis Belges, qui ne font rien comme personne, avaient coupé la poire en
deux, un mètre cinquante.
Quid de nous autres ? Qu’en disent nos scientifiques spécialisés ? Question essentielle, dont on
attend la réponse.
Car le fait que le virus soit d’abord apparu en Europe, nous a permis de mieux nous préparer à
l’accueillir, et plutôt bien que mal jusqu’ici. Cette possibilité d’anticiper sur les gestes barrières et
autres parades, y compris cet usage controversé de la chloroquine pour traiter les malades, qui
a produit des résultats probants chez nous, ont joué un rôle dans la contention du Coronavirus
en Aftique. Rôle autant, sinon plus important que toutes ces hypothèses bâties sur le climat
tropical, la jeunesse des populations africaines, enfin notre immunisation collective due aux
vaccins et aux nombreux traitements antipaludiques que nous avons ingurgités route notre vie.
Pour une fois que marcher sur les pas de l’Europe n’est que bénéfice – sans oublier notre
pharmacopée en voie de réhabilitation avec l’artémisia et d’autres herbes plus confidentielles –
pourquoi cracherions-nous sur cet avantage !