LA CRISE PROFONDE DE L’ÉDUCATION SEXUELLE AU SÉNÉGAL

09/11/2019

  Par Mamadou Sy Albert LA CRISE PROFONDE DE L’ÉDUCATION SEXUELLE AU SÉNÉGAL La série de viols se conjuguant aux meurtres froids de femmes mariées, ou de jeunes filles à la fleur de l’âge, secoue de nouveau la société sénégalaise. L’indignation des femmes et des organisations féminines est à la dimension de cette actualité se transformant en un phénomène de société. Il est peut-être temps d’engager courageusement un débat national au sujet de la crise de  l’éducation sexuelle et ses enjeux actuels et futurs. La famille, les acteurs de la société civile et les pouvoirs publics, démissionnaires du champ sexuel, sont fortement interpellés et devront envisager un choix éducatif  face à la puissance de l’influence négative des mass-médias et d’Internet. Le meurtre suivi ou non de viol de femmes mariées ou célibataires a surpris par son ampleur. Près d’une douzaine de femmes et de jeunes filles ont disparu sous le coup de la violence de proches ou d’inconnus. Le Sénégal a ressenti dans sa chair son basculement dans la barbarie inhumaine. Violer, puis tuer froidement n’est guère un geste anodin. Et ce geste se répète  en milieu urbain et rural. Il n’est guère simple à expliquer. Le délitement des liens familiaux, des liens conjugaux, la démence, l’impact de la crise économique et l’influence de l’Internet et des mass-médias s’enchevêtrent. On  ne peut, a priori, exclure une de ces causes potentielles occasionnant des  drames individuels et familiaux. Les enquêtes en cours permettront  sûrement d’éclairer l’opinion à propos de la nature de ces viols, de ces meurtres et des causes véritables d’actes ignobles punis par la loi, par la culture religieuse et les valeurs de la société sénégalaise. Le viol et le meurtre touchent sans nul doute de manière directe ou indirecte  à l’éducation sexuelle et aux relations humaines entre l’homme et la femme. La multiplication de ces actes abominables bannis par  toutes les composantes ethniques et religieuses du Sénégal, interroge fortement la culture sénégalaise en matière d’éducation sexuelle et à la vie familiale. Ce sont des  domaines jugés très sensibles, sinon carrément tabous. La famille Sénégalaise traditionnelle et/ou moderne traite généralement ces questions sociales et culturelles sous le couvercle du divertissement, de la blague, sinon quand le drame est inévitable, celui de la « soutoura », la pudeur dissimulatrice. On en fait rarement une question sociale, culturelle d’intérêt national, par un traitement à la hauteur des enjeux éducatifs  de la société. Chaque famille se débrouille avec son approche morale ethnique, religieuse et culturelle de l’éducation sexuelle de ses enfants. La sexualité  est presque hissée au rang d’un tabou social. Cette pesanteur culturelle explique du reste le déficit de connaissances  des parents et de la jeunesse en matière de sexualité et de santé reproductive. Quand on ignore le corps humain, singulièrement celui de la femme,  et les risques réels de la sexualité sauvage, on n’est point  à l’abri de surprises pendant la vie adulte. Des vies entières de jeunes filles ont été détruites par ignorance, par manque d’éducation sexuelle et par l’irresponsabilité de la famille et des proches. La  première occasion d’un apport sexuel précoce produit ainsi assez souvent la grossesse et la vie […]

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PLAIDOYER POUR DES ASSISES DE LA CULTURE Par Mamadou Sy Albert

19/09/2019

PLAIDOYER POUR DES ASSISES DE LA CULTURE Par Mamadou Sy Albert Le Sénégal comptabilise diverses expériences dans le domaine de l’organisation d’Assises. Parmi ces dernières, on peut désigner des Assises ou des Concertations nationales au sujet des questions de gouvernance politique, de gouvernance économique et sociale. Les Assises sectorielles dans des domaines spécifiques ont également ont eu lieu dans le pays au cours de ces dernières décennies. La Culture n’a pas fait l’objet, à proprement parler, d’une réflexion nationale à sa dimension dans le développent du Sénégal et du continent. On devrait peut- être penser à des Assises nationales de la Culture. Elle constitue un des leviers essentiels de tout développement durable humain, et de tout épanouissement individuel et collectif. Le Sénégalais est un citoyen  éminemment  politique. La politique est son sujet de prédilection au quotidien. Cette mentalité ne se modifie guère de génération en génération. Encore de nos jours, les problématiques relevant des politiques publiques, des actes et gestes des hommes et femmes gouvernement ou opposition, demeurent  les sujets favoris  au centre de toutes les préoccupations citoyennes. Ce goût singulier que l’on  accorde  à la politique et à ses acteurs et animateurs, explique certainement l’organisation récurrente d’Assises nationales  autour de la gouvernance politique ou de la gouvernance économique. Citoyens, politiciens et opérateurs économiques nationaux partagent en commun le virus de la politique, parce qu’elle a été au fil temps, placé au centre de tout dans notre pays. La méconnaissance de la place de la culture Cette frénésie pour la politique, avant, pendant et après les élections, entretient  des liens dynamiques avec l’histoire politique du Sénégal. La  génération fondatrice du Sénégal est, certainement, l’une des générations les plus politiques du continent noir. Le Président Léopold Sédar Senghor, le Président Mamadou Dia, le Président Lamine Guèye, sans oublier du reste tous ces autres compagnons de la lutte pour l’indépendance, sont des figures emblématiques sous la première République sénégalaise. Ils ont marqué leur époque par une empreinte politique collective et individuelle indélébile. Cet intérêt accordé à la politique aux plans national et africain, voire mondial,  a été poursuivi et auto- entretenu  en dépit du fait que la politique politicienne a fini par  éloigner des pans entiers de  citoyens du débat se politisant à l’extrême. Ces Assises nationales, toujours centrées sur la politique, constituent un exemple cristallisant son hégémonie toujours envahissante. Les autres dimensions de la vie, du développement, sont ainsi, assez souvent, reléguées en arrière-plan. La culture fait partie au fil de l’évolution et des successions générationnelles, des  parents pauvres du débat public national. Le déficit de culture des hommes et femmes politiques et des opérateurs économiques privés qui détiennent les deux leviers de pouvoir essentiels, serait-il le soubassement de ce désintérêt collectif ? La culture a-t-elle perdu sa noblesse, acquise sous le règne du Président-poète ? On ne peut répondre de manière tranchée à ces interrogations au cœur de la société sénégalaise en pleines mutations. Entre le déficit de culture générale et la perte des repères culturels autochtones, on peut au moins constater la méconnaissance de la place de la culture dans les processus de développement dans l’époque de la mondialisation de l’économie […]

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L’ÉTAT OUBLIÉ DES FONCTIONNAIRES PATRIOTES Par Mamadou Sy Albert

30/08/2019

L’ÉTAT OUBLIÉ DES FONCTIONNAIRES PATRIOTES Par Mamdou Sy Albert La fonction publique sénégalaise constitue une des pièces-maîtresses de toute gouvernance de l’État central. Elle est à l’image des fonctionnaires au service de l’État. Entre le sacerdoce étatique de la première génération des fonctionnaires de l’époque post- coloniale et celle de nos jours, désormais  au service des agents fabriqués par une culture libérale mal comprise, il est difficile d’accepter ce qui passe sous nos yeux au cœur de la machine étatique. Presque aucun service public n’est plus en mesure de satisfaire la forte demande sociale des populations les plus déshéritées. Servir dans la Fonction publique aura été assurément un privilège. Être payé par l’État est probablement un des soucis majeurs de la génération post- indépendance, fortement influencée par ce prestige d’être au service d’une nation émergente. Pendant deux à trois décennies après les indépendances politiques africaines, l’État du Sénégal a fonctionné au rythme d’une administration publique dévouée au service public et à l’intérêt supérieur du pays. Peu importaient les faibles moyens, les niveaux des études, les profils, les compétences et les capacités techniques de servir, ces hommes et femmes recrutés dans la fonction publique, avaient un grand  respect pour la fonction publique et leur engagement de servir à toutes les échelles de l’administration, un idéal fortement partagé par tous les serviteurs de l’État. Le travail de l’État fut un sacerdoce pour les administrateurs, pour les enseignants, pour les travailleurs et pour les populations. L’État nation a créé un sentiment fort de servir sa communauté et son pays. Cette époque a produit naturellement de hauts cadres de l’État, des hommes et des femmes d’État dans un Sénégal multiculturel, multiethnique et multiconfessionnel. Elle a produit aussi des travailleurs disciplinés, méticuleux et respectueux des horaires de travail et des missions publiques. On se souvient  avec un plaisir certain encore de cette époque, et de ses acteurs réalisateurs d’une grande œuvre nationale. Ils  ont porté l’État et ses symboles au plus haut niveau des responsabilités publiques. Ce souvenir du passé est bien contrarié aujourd’hui. La poussée du  fonctionnaire corrompu A chaque fois que le Sénégalais évoque les pages de cette belle époque de l’engagement du fonctionnaire au service du peuple, le seul souverain et bénéficiaire des politiques publiques, c’est pour mettre le doigt sur une plaie administrative grandissante. L’État a connu des mutations profondes et terribles au cours de ces dernières décennies. Le fonctionnaire est désormais celui qui empêche l’État de fonctionner, par son comportement et sa conduite dans la gouvernance des affaires publiques nationales et locales. C’est lui la source première de la corruption, de la mal gouvernance, des détournements des biens communs et du service public. C’est lui, inconscient, et compromis  qui dirige un pays dans lequel  tout est en état d’urgence. L’état des édifices publics de l’administration centrale, du système éducatif, de la santé se dégrade d’une décennie à l’autre. Aucun des services publics sénégalais nationaux ou régionaux n’est capable de satisfaire les besoins fondamentaux pour lesquels il a été mis en œuvre.  Tous les services publics de base sont déficitaires en termes de budget et dans un état  environnemental comateux. Pendant […]

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AMATH DANSOKHO EST PARTI ! EXTINCTION DE LA FLAMME RÉVOLUTIONNAIRE AU SÉNÉGAL ! Par Mamadou Sy Albert

25/08/2019

AMATH DANSOKHO EST PARTI ! EXTINCTION DE LA FLAMME RÉVOLUTIONNAIRE AU SÉNÉGAL ! Amath Dansonkho aura été  une des figures marquantes de la gauche révolutionnaire des indépendances et des alternances politiques sénégalaises et africaines, des années 2000. Il fut, et restera à jamais, une flamme révolutionnaire tout au long de sa vie de militant, de chef de parti, de rassembleur des organisations politiques, des syndicats, des mouvements citoyens. Amath Dansonkho, ministre d’État sans portefeuille, sous le règne du Président de la République en exercice, Macky Sall, vient de quitter définitivement le champ politique sénégalais, africain et du monde. Il mérite l’hommage d’un peuple. Il a aimé, défendu  et protégé le peuple sénégalais et les peuples du monde épris de paix et de justice sociale avant les indépendances, et pendant ces dernières longues décennies de lutte pour l’alternance en Afrique. L’ancien Secrétaire général du Parti de l’Indépendance et du Travail aura été une figure politique majeure. Cette disparition d’un amoureux de la justice, de la paix et du bonheur des faibles, des exclus et des damnés de la terre, marque la cassure d’un lien avec une page, celle de l’histoire de la gauche révolutionnaire au Sénégal. La flamme révolutionnaire éteinte C’est probablement, à l’extinction de la flamme révolutionnaire que l’on assiste avec le décès de l’un des acteurs majeurs de la lutte pour l’indépendance de son pays et de l’Afrique, pour l’ancrage dans le continent noir de systèmes politiques viables. Jamais dans cette trajectoire mouvementée de la gauche radicale, souvent dramatique pour Amath Dansokho, ses proches, ses camarades, un responsable politique de gauche n’a été si près de la souffrance de son peuple meurtri. Il savait  parler avec l’éloquence requise, avec le geste, avec la mine, avec l’esprit, du mal Sénégalais, des problèmes, des difficultés et de la misère sociale, économique, culturelle et politique de son pays, du continent africain et de la planète. Il a construit patiemment sa manière de parler du Sénégal aux citoyens, sa personnalité légendaire et son allure de défenseurs des causes justes. Il fut un  militant engagé avec  son style de vie, son discours  franc  tranchant, sans équivoque et une écoute attentive de l’autre et des porte-étendards de la souffrance individuelle et collective. C’est ce lien personnel humain, jovial, amical, fraternel indéfectible qu’Amath  Dansokho a cultivé avec son monde, avec son époque et  avec ses acteurs. Il ne laissait en réalité aucun acteur social indifférent à ses idées, à son soutien ; et surtout à ses alertes sur la gouvernance des Affaires publiques. Être communiste et panafricain Amath Dansokho  a su être un  singulier chef de parti. Par son   intelligence du lien humain, par son esprit d’ouverture à la contradiction et aux divergences, il a conduit les destinées d’une formation de la  gauche révolutionnaire avant-gardiste, le PIT. Il a su adapter son discours politique aux contextes tout en restant constant sur les fondamentaux de la gauche révolutionnaire.  Amath  Dansokoh aura été  un fédérateur dynamique de son parti,  des luttes politiques, syndicales et sociales nationales, africaines et mondiales au cours de ses trois à quatre dernières décennies de vie. Il a participé ainsi à deux alternances politiques victorieuses  au […]

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REINVENTER L’ETAT OU LAISSER PERIR A PETIT FEU LA SOCIETE Par Mamadou Sy Albert

02/08/2019

Réinventer l’Etat ou laisser périr à petit feu la société La pression que la société fait peser sur l’État post- colonial  est sans précédent dans l’histoire de l’État nation. La mendicité des enfants, la montée en puissance de l’insécurité urbaine, les exigences de transparence dans la gouvernance des affaires publiques, l’exercice de la liberté  individuelle d’exprimer ses ressentiments personnels et le droit de l’accès aux services de base, constituent des indices d’un malaise social grandissant entre le pouvoir étatique et les citoyens. L’État est apparemment débordé par cette pesanteur sociale. Le temps de réinventer l’exercice du pouvoir ou de laisser périr les fondements de l’unité de la société a peut- être sonné au Sénégal et dans le continent noir. Existe-t-il réellement un État fonctionnel au Sénégal  capable de répondre aux interpellations de sa société fortement frappée par l’envahissement des questions de société et des urgences sociales ? La question mérité réflexion. Le réflexe immédiat à cette question consisterait  à répéter ce que tout bon citoyen sénégalais sait déjà. Les institutions de la République  fonctionnent. La présidence de la République, le gouvernement, le parlement et les juridictions judiciaires sénégalaises sont  fonctionnels. Les institutions   marchent  à merveille. Les citoyens expriment assez régulièrement à travers des élections libres et transparentes leurs aspirations. Ils ont délégué le pouvoir au Président de la République. Ce dernier  définit et met en œuvre sa volonté et son ambition politique. La question de l’existence ou non du pouvoir étatique n’en demeure pour autant évacuée par cette piqure classique de rappels. Elle n’est plus du tout opérationnelle. La pression ne fait que croître. Une société malade Le malade sénégalais est toujours malade. Son état de santé ne semble guère connaître des évolutions significatives au fil de son évolution. La mendicité, l’insécurité urbaine, les exigences de la transparence dans la gestion des affaires publiques dans l’expression des libertés et l’accès aux besoins primaires demeurent  des préoccupations essentielles  des citoyens. Elles prennent d’ailleurs de l’ampleur d’une décennie à l’autre. En dépit de cette progression accélérée de ces maux de la société sénégalaise contemporaine, les réponses de l’État demeurent vagues,  insuffisantes, médiocres, voire sans effet sur les ressentiments et le vécu des Sénégalais.  La mendicité est  un exemple frappant de l’impuissance de la puissance publique à trouver des solutions durables, satisfaisantes, capables de réduire et d’anéantir à terme les bases sociales, culturelles et religieuses de la mendicité. Tous les Présidents de la République qui se succèdent à la tête de l’État ont initié des politiques publiques  et pris des mesures allant dans le  sens de contenir le phénomène social le plus visible de la misère de l’enfance au Sénégal. Elle est encore là au cœur de la capitale et des artères de Dakar. Son visage est certes porté par ces talibés mal fagotés, mal nourris errant dans la ville à des heures tardives. Ils tendent la main à tous les coins de la  rue. Ils ont en commun ce vécu de misère avec les mendiants traditionnels, notamment, les personnes souffrant d’un handicap, contraints à la mendicité professionnelle. Une communauté humaine de mendiants La crise sociale secouant de nombreuses  familles pauvres des villes et […]

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HÉRITAGE POLITIQUE DE MACKY SALL : Le président-poète inspire-t-il le président-géologue ?

19/04/2019

HÉRITAGE DU POUVOIR Le président-poète inspire-t-il le président-géologue  PAR MAMADOU SY ALBERT La reconduction du président de la République, Macky Sall, en février 2019, suscite déjà la question de l’héritage de son pouvoir en 2024. Le second mandat est ainsi placé sous le signe de la succession. Celui qui exerce le pouvoir, pour cinq ans encore, se prépare à modifier de fond en comble le régime actuel, faiblement parlementaire, avec la suppression de la fonction de chef du gouvernement.  L’héritage du pouvoir n’est pas, toutefois, une problématique récente dans l’histoire politique du Sénégal. Elle fait son irruption dès les premières années de l’accession du pays à la souveraineté internationale. LES SOURCES DES CONFLITS DE L’HÉRITAGE POSTCOLONIAL Le conflit  de 1962, entre le premier président de la République, Léopold Sédar Senghor et le président du Conseil Mamadou Dia, résulte de  la compréhension divergente des deux hommes de la séparation des pouvoirs et de la place du parti présidentiel dans l’Etat. Au-delà les conceptions de l’État et de la démocratie, il s’agissait là des sources de la problématique de  l’héritage du pouvoir pour le modèle étatique post- colonial sénégalais. Deux hommes, deux approches, deux projets politiques ! Son adversaire potentiel ira en prison pour près d’une dizaine d’années. Léopold Sédar Senghor,  décide alors de modifier la Constitution et la nature du régime politique. Tout le pouvoir revient au président-poète. Ce conflit inattendu entre deux acteurs majeurs de la politique postcoloniale – que tout devait unir du reste, en raison du respect réciproque et de la considération énorme que les deux fortes personnalités se vouaient – va modifier le cours de la trajectoire politique du Sénégal. LE PRÉSIDENT A. DIOUF, HÉRITIER DU PRÉSIDENT- POÈTE C’est cette conception de Senghor du pouvoir et de l’État qui est le fondement du régime présidentiel au Sénégal. L’héritage du pouvoir politique du président Senghor sera au centre de sa gouvernance, du  début des années 1970 à son départ en 1981.  Le président de la République, Abdou Diouf, hérite du pouvoir de son maître à penser et père fondateur de la nation et de la république. Par son expérience accumulée sur plus de dix ans à côté de Senghor dans la gestion de l’État, et aussi par son intelligence du jeu politique de l’époque, Diouf a su profiter de l’encadrement éminemment politique du maître du jeu avant d’accéder à la charge suprême. L’HÉRITAGE IMPROBABLE DES ALTERNANCES Depuis cette expérience d’un héritage préparé et conduit de main de maître avertie des conflits internes aux pouvoirs et des équilibres sociaux, le Sénégal n’a pas connu une succession par le canal d’une passation en douceur du pouvoir. La première alternance politique a duré plus d’une décennie, précisément douze ans. On a prêté  à l’ancien président de la République, Abdoulaye Wade d’avoir pensé transmettre le pouvoir à son fils, Karim. Le scénario de cet héritage n’a pas abouti. Celui qui avait le profil répondant le mieux à la logique de l’héritage institutionnel sera contraint de quitter le Parti démocratique sénégalais ; il s’agit de l’ancien Premier ministre, Idrissa Seck. Il choisira son propre cheminement pour la conquête du pouvoir. Après lui, un autre ancien Premier ministre […]

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GESTION DE L’ETAT Le temps de gouverner les ressources humaines

30/03/2019

PAR MAMADOU SY ALBERT/Le potentiel en ressources humaines, l’expérience démocratique, la volonté commune des sénégalais de bâtir un système démocratique performant et l’ouverture des citoyens sénégalais à ce qui passe dans le reste du monde représentent des leviers décisifs pour franchir une étape  capitale dans la reconstruction d’un Etat fort. Evidemment, il faudra tourner la page des démons de la division, des clivages et des intérêts de groupes politiques et socio- professionnels. Le Sénégal vient encore de prouver à la face du monde, la vitalité de son système politique avec la dernière élection présidentielle. Les électeurs ont démocratiquement  désigné celui qui devra diriger le pays pendant les cinq prochaines années. Le Président réélu devra définir et mettre en œuvre sa politique en confiant l’exécution à un chef de gouvernement. Ainsi vont  et fonctionnent  l’Etat et la République. La majorité gouverne, l’opposition exprime sa différence. Ce clivage est naturel et acceptable dans l’esprit démocratique et républicain. Il habite tous les sénégalais. La reconduction du Président sortant n’en pose pas moins la nécessité de réfléchir sur une question centrale. Elle transcende les clivages et les intérêts de la majorité et de la minorité dans une démocratie. Cette question est cruciale. Elle est d’ailleurs au cœur de l’évolution de la gouvernance du Sénégal depuis des décennies. Ce pays n’a pas eu une politique intelligente, efficace  de  gestion de son capital humain. Bien au contraire. Tout au long des deux premières décennies post- indépendance, le Sénégal du Président Senghor est resté plombé par des conflits politiques et idéologiques entre les socialistes et l’opposition de l’époque Le président Sall face à muraille intellectuelle et politique Ces tensions politiques, héritages post- coloniaux, ont déchiré le pays en deux composantes antinomiques et ont produit des camps déchirés, crispés et des luttes sans merci, tant au plan politique que syndical en ont résulté. Ce n’est que sous le règne du Président Abdou Diouf, que le Sénégal tentera d’ouvrir timidement le débat public sur une autre manière de gouverner, à la fois le champ politique et les ressources humaines et intellectuelles du pays. Ici et là, la réflexion sur la gouvernance publique, moins conflictuelle, est nourrie par des acteurs politiques, par des intellectuels et par des hommes de culture. Cette réflexion n’avait point fait bouger les lignes de la fracture politique entre les socialistes et leurs adversaires traditionnels. La réflexion sera abandonnée au fil du temps, en dépit des avancées significatives du pluralisme intégral et du sursaut national autour de l’essentiel auquel le Président Diouf a voulu donner sens et l’incarner. Puis, ce fut l’avènement de la première alternance. Ils sont nombreux parmi les intellectuels, les hommes de culture et les hommes d’affaires à avoir rêvé servir le Sénégal et le continent noir sous la poussée de la première alternance de mars 2000. La soif de se mettre enfin au service de son pays, du continent africain et du monde par sa compétence sera vite remplacée par la déception et le renoncement à la participation à la construction de l’Etat, de la République et au développement de son pays. Le Sénégal replongera de nouveau dans un climat des adversités […]

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EDITORIAL

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But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful. Nor again is there anyone who loves or pursues or desires to obtain pain of itself, because it is pain, but because occasionally circumstances occur in which toil and pain can procure him some great pleasure. To take a trivial example, which of us ever undertakes laborious physical exercise, except to obtain some advantage from it? But who has any right to find fault with a man who chooses to enjoy a pleasure that has no annoying consequences, or one who avoids a pain that produces no resultant pleasure?