Mémoire corrective (Tome1)

08/02/2019

Mémoire corrective Préface Par Mame Less Camara Par Pape Samba Kane Ils étaient déjà là il y a une vingtaine d’années, ceux qui continuent encore d’être les principaux animateurs de la vie publique sénégalaise. Iba Der Thiam, Landing Savané, Amath Dansokho, Abdoulaye Makhtar Diop, Iba Ndiaye Diadji, entre autres, occupaient déjà l’espace public au point d’attirer l’attention de Pape Samba Kane en quête de visages emblématiques de la vie nationale. C’est cela qui garde à ces “ profils ” leur fraîcheur et l’actualité de leur valeur documentaire. On a comme l’impression de se promener dans une sorte de galerie des portraits de ceux dont les propos et les actes font l’objet depuis si longtemps de toutes les attentions des médias sénégalais. Le trait du portraitiste, tour à tour moqueur, tendre, complice ou féroce – sans jamais être ni méchant ni vulgaire – donne une dimension supplémentaire à ces hommes et femmes par rapport auxquels beaucoup de nos compatriotes se définissent, particulièrement en période électorale. Bien sûr, des alliances, peut-être des convictions, ont pu changer, mais cela relève de la nature versatile de la politique, surtout lorsque ses acteurs sont des Sénégalais. Mais les mêmes hommes sont toujours là, chevaliers parfois dérisoires de projets politiques à jamais ajournés ou de causes simplement perdues, mais toujours fidèles au poste, champions de la prise de parole qui ont leur mot à dire en toutes choses et en toutes circonstances. Certains de ces portraits sont prémonitoires, comme le destin de Idrissa Seck que Papa Samba Kane voyait déjà, il y a treize ans, directeur de cabinet de Me Abdoulaye Wade si jamais le peuple sénégalais décidait de confier la gestion de ses affaires au “ sopi ”. C’est maintenant chose faite. D’autres articles résonnent aujourd’hui comme des hommages posthumes. Fara Ndiaye, Jean Collin, Boubacar Sall, Mamadou Fall Puritain et Me Boubacar Guèye s’en sont retournés à la terre, depuis. Leur mort, comme disait l’écrivain, a transformé leurs vies en destins. L’histoire a rencontré ici l’humble travail du journaliste. Il a suffi – est-on tenté de dire – que l’ouvrage fût bien fait. On y croise aussi des routes qui ont bifurqué. Qui eût cru que Djibo Kâ aurait une existence publique autre que celle que le Parti socialiste semblait lui avoir préparée depuis son adolescence ? Les vicissitudes de la politique qui l’ont transformé en opposant, d’abord de ses anciens camarades puis de l’actuel gouvernement, trouvent une surprenante lisibilité dans les lignes qui lui sont consacrées et qui indiquaient déjà la chute comme issue prévisible d’une ascension trop rapide et d’un avenir politique trop impeccablement balisé. Aussi ce premier tome des « profils» dessinés au cours des ans par Pape Samba Kane avec une patience et une régularité remarquable se présente-t-il comme une spirale. On y rencontre les mêmes tout le long de cette galerie de portraits, mais le temps qui s’est écoulé depuis a modifié certaines positions. D’anciens opposants sont au pouvoir d’où ils ont délogé leurs adversaires devenus eux-mêmes des critiques sévères du gouvernement issu de l’alternance. C’est la règle implacable du jeu de la démocratie. Si un sens aigu de l’observation […]

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Portrait satirique d’un président de la République

08/02/2019

Par Mamadou Amath Profil au long cours Abdou Diouf Bonbons, braises et coton le plan de vol d’un aigle Présenter le profil du « Profileur » ? Dame ! Et encore dans le premier bouquin qu’il réalise sons la forme d’un « Profil au long cours » sur un homme au long cou. D’abord comment vas t’il falloir que je l’appelle ? Pape Samba KANE ? P.S.K ? Papisko ? Ou encore Ndiaga Kane ? Oui, Ndiaga c’est le prénom qui figure sur son passeport comme j’ais pus m’en rendre compte lors d’un séjour que nous avons effectué ensemble, en avril 1990, aux Etats Unis. Et les gens de ce pays, croyant sans doute avoir à faire avec un lointain parant de Citizen Kane, l’appelaient « Mister Kayne » Mamadou Amath

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Casino et Machine a sous au Sénégal

08/02/2019

CASINOS ET MACHINES A SOUS AU SENEGAL
Le Poker menteur
des hommes politiques
SOUS L’OMBRE DES CORSES LA
TRANSHUMANCE DES MACHINES A SOUS
SOUS L’OMBRE DES CORSES LA
TRANSHUMANCE DES MACHINES A SOUS
Un jour, ayant quitté la salle des machines à sous du Casino Le Café de Rome accompagné de M. P., une jeune femme sympathique et intelligente, noire, avec un peu d’embonpoint, que j’ai connue au cours de mes investigations, joueuse très modérée et très critique vis-à-vis des passionnés, nous sommes passés au Terrou-bi où je devais la déposer.
Notre entretien sur le chemin fut tellement instructif que je me décidai à descendre avec elle dans la salle. C’était lors de la première partie de mon enquête, je ne savais d’ailleurs pas encore si j’aurais assez de « matière» à publier. J’avais déjà eu l’occasion de me rendre compte que j’avais mis les pieds dans un monde particulier par la fréquentation des salles de jeux des quatre casinos de Dakar. Mais je n’avais encore rien vu.

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Les Pages sombres de la presse

08/02/2019

En me penchant sur les tares de la presses sénégalaise, qui font les délices de rieurs pas toujours forcement malveillants et donnent du grain à  moudre aux pourfendeurs intéresses des journalistes, je n’entends pas lui exiger une quelconque perfection, encore moins la condamner définitivement. Il s’agit d’un appel à une prise de conscience de nos insuffisances, qui s’appuie sur la mise en lumière de nos fautes professionnelles, quotidiennes, massives et systématiques.  La presse, sous tous les cieux, fait partie de ce que l’on appelle l’intelligentsia. L’ensemble des intellectuels d’une communauté dit le Larousse. Or. à son allure, la presse sénégalaise ne donne même plus l’impression de vouloir compter parmi ceux qui pensent ce pays, orientent ses choix, pèsent sur son destin. Les journalistes semblent s’inscrire dans une démarche du genre « va comme je te pousse », et c’est rageant de se rendre compte que ce problème n’est pris en charge par personne de manière rationnelle. Alors des gens, aussi responsables que nous dans la déliquescence frappant notre métier, décides à faire notre bonheur noire place, concoctent dans leurs officines ce que j’appelle des fausses solutions. Or, il nous revient à nous d’assainir nos mœurs professionnelles, par une mise sur la table des problématiques abordées dans ce modeste ouvrage, et que l’on évacue entre deux bouchées lors de déjeuners entre nous. Je reprends dans cet ouvrage – en l’opposant à nos postures molles face à nos insuffisances – un florilège représentatif de la vivacité des controverses entre journalistes autour de ce métier qui s’est toujours regardé dans les yeux depuis sa naissance au 17ème siècle. Je redis mon souhait de voir cet essai susciter un débat, des confrontations du même type. Je souhaite que la critique soit, en toute justice, critiquée. Avec véhémence, au besoin, mais il faudrait lui répondre aux plans du texte et des idées, ne pas jeter sur elle de suspicion idéologique ou morale, ne pas lui faire de querelles de légitimité, de toute façon improbables et inutiles. Car n’importe quel lecteur attentif de nos journaux aurait pu écrire ce livre qui débusque et fustige des pratiques professionnelles insupportables ayant terni l’image des journalistes, affaiblie la presse, et risque de l’achever pour de bon. Note de lecture d’El Hadj Kassé

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Une plume …

23/01/2019

Sabaru Jinne : Les TAM-TAMS DU DIABLE Ceci est la première note critique parue dans la presse sur le roman, peu avant sa présentation au public et sa sortie en librairie (NOTE DE LECTURE. Sud Quotidien) Par Vieux SAVANE “Gentina“, “Le Bodega“, “La Taverne et autres noms de lieux festifs qui sonnent comme un univers perdu, faisant un clin d’œil  à un passé qui semblait pris dans d’infernaux tourbillons. Une drôle de rencontre tissée autour de Mbissane Sene, une femme belle et rebelle, ayant très tôt  jeté son dévolu sur Talla, un petit garçon pour lequel elle nourrissait un amour maternel débordant sur des caresses ambigües. Ce sont autant d’histoires qui traversent “Sabaru Jinne”, l’ouvrage du journaliste-écrivain Pape Samba Kane. Elles déroulent les rêveries d’un enfant du siècle transporté par l’esprit rastafari, hippie et autres vagabondages marqués par les utopies et les postures  bardées de la marginalité de ceux qui, tout en étant titillés par une irrépressible soif de savoir et un obsédant désir d’écriture, s’échinaient à vouloir défricher le terrain d’une aube nouvelle.  Aussi l’ouvrage nous balade-t-il  dans la Médina, le Plateau et la banlieue proche de Dakar,  avec des échappées à Yenn,  St-Louis, restituant au passage une atmosphère d’époque : celle des errances, des intellectualités extraverties. Il y  fleure bon la nostalgie avec l’évocation des chapardages, des films cultes, des échanges philosophiques, des plages et leurs palourdes revendues aux femmes du quartier pour organiser la nuit venue des “bals poussière”. Dans ces espaces récréatifs emplis par la voix de vedettes du Rythm‘n Blues tels Otis Redding, Etta James,  l’on éteignait la lumière, comme une invite à des étreintes volcaniques. A travers les figures de Talla, Massata, par lesquelles la mémoire de l’auteur rapporte les fagots de ses souvenirs, on est titillé par des bonheurs d’enfants qui évoquent les grandeurs d’une époque  plongée dans l’absence : le train qui ne siffle plus faute de rails, la Médina défigurée par les nombreux immeubles qui ont fini par détruire une identité patrimoniale qui se lisait à travers “l’esthétique des maisons aux toitures en tuiles rouges fabriquées par des manufactures marseillaises”. On y parle aussi de cinéma avec Paolo Pasolini,  “Sacco et Vanzetti”, de  musique avec Bob Dylan,  Cat Stevens, les Beatles,  Bob Marley, “des curiosités littéraires vers Bakounine, Proudhon  et quelques autres figures du mouvement libertaire”. Nostalgie encore autour d’une période foisonnante et rayonnante, où divers noms ont contribué à produire une culture sénégalaise féconde. Des références qui racontent ainsi le spleen d’une jeunesse qui voulait s’en sortir, faire quelque chose et qui s’abimait malgré tout dans l’alcool, la drogue, les rencontres improbables. C’était l’époque  où “l’on s’adonnait à la fumette de cigarettes interdites, à la beuverie, à la course aux filles”, sous l‘emprise des “rêves effrontés, des utopies arrogantes”.  Des années plus tard l’inéluctable métamorphose avait fini par prendre ses quartiers. S’étant désormais envolés, les plaisirs insouciants d’une jeunesse perdue se retrouvent pris dans les méandres des heures de prière, l’anxiété de n’avoir pas porté assez d’attention  au ciel qui, au vu du temps qui passe et des visages visités par la vieillesse, donne l’impression d’attendre tranquillement son heure. Il […]

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Sabaru Jinne

17/01/2019

Être ou ne pas être ? Voilà la question que se posait, il y a bien longtemps, un écrivain anglais par la bouche de son personnage le plus connu, un certain Hamlet. C’est cette même question que se pose Massata, personnage central de Sabaru jinne de Pape Samba Kane, paru aux Editions Feu de Brousse en 2015. Il a décidé de remonter le cours de sa vie ; ou plutôt, revenu à une certaine étape, marquée par le début d’un « roman philosophique », il choisit de revenir vers le présent ou plus exactement, de procéder à une anamnèse dont le terme, a-t-il décidé, sera, après qu’il aura relu son manuscrit, de renoncer à son rêve d’être un écrivain, tout en sachant qu’il n’en sera rien, puisque cette remontée dans le passé constituera en elle-même la matière et la trame de Sabaru jinne. Il va s’agir, en 278 pages, de jouer sur le temps, la mémoire, le souvenir, le réel et le rêve.

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A Tire d’Elles

17/01/2019

«Et à tire d’Elles/ Sans ailes/ Autres/ Que mon désir d’Elle/ M’envolerai-je/ Fou d’Elle » Tout commença par Dona Ashe, la femme- muse, la femme-amour. C’est à cette femme qu’est dédié le recueil de poèmes. C’est elle, certainement, qui nous a valu ces cent-dix-neuf pages pleines de poésie, pleines d’amour même si l’œuvre est un hymne à toutes les femmes qu’elles s’appellent « Karara », « M… » ou qu’elles soient  une « Princesse »,  une « Tutsi rayonnante », une « Amie », «  L’Étoile du désert de Lompoul », la « Muse affolante » ou les « Ève »… Ces poèmes balbutiés[sont des] chants inaboutis, [des]cris du cœur véritables[et des]sueurs et larmes d’un cœur brûlé au feu de la passion d’aimer une femme. De l’admiration sans borne aussi et de l’affection inaltérable pour toutes les femmes du monde.[1]  Amour et poésie       Après Sabaru Jinne, roman qui a suscité un intérêt tout particulier aussi bien chez les lecteurs que chez certains écrivains et universitaires, paraît  A tire d’elles, le premier recueil de poèmes de Pape Samba Kane, journaliste à l’esprit critique, aux écrits souvent satiriques.  De la poésie ? Eh oui ! Cela surprend un peu… Mais PSK est non seulement un poète, mais aussi un « poète amoureux de l’Amour »[2].  C’est un « SDF de l’esprit », avait dit Mamoussé Diagne. Un écrivain qui valse entre  les arts, libre. Libre comme l’amour.                 L’Amour et la  Poésie sont deux faces d’une même pièce. Ils procèdent tous les deux d’une élection. En effet, on ne choisit pas d’être amoureux ; on tombe amoureux. On ne décide pas de faire de  la poésie. C’est elle qui crée le poète. Et, cet « orfèvre du langage » qu’est PSK pour parler comme le professeur Mamadou BA, est de « ceux qui ont reçu la grâce poétique en partage ». D’ailleurs « on s’en était déjà douté en lisant (…) Sabaru  Jinne ou les tams-tams du diable ! »,[3] renchérit Kesteloot. L’amour est à l’origine de tout et bien sûr de ce recueil. L’entrée en poésie se conçoit comme une  quête de l’amour et au-delà même. C’est une quête identitaire.  L’Amour est plus qu’un art ma sœur/ (…) Ses tourments valent des paradis/Ses douceurs font pâlir les enfers.[4]  L’amour est un art.  Le « serial lover », PSK,  pour reprendre les propos du Professeur Amadou LY, chante l’amour. Il se constitue chantre de la femme – laquelle est à la fois déesse, havre de paix, muse « inspirante et inspiratrice » –et utilise un vocabulaire riche et imagé. Le trésor de la langue française est employé pour célébrer la femme perçue comme le «  soleil couchant »,  l’« étoile du soir », le « jus d’orange du matin », la « décoction d’hibiscus du midi » ou encore le  « Chardonnay du soir ». Même l’inconnu qui passe inspire le poète : « Sur le néant apparent d’un petit visage insignifiant au regard du passant sans relief artistique brille une lumière chaude et froide (…) Sous le néant trompeur d’un petit visage au regard lointain et grave, sourdent, profonds, des sentiments brûlants, forts, parfaitement sensibles pour l’oreille, visibles à l’œil jamais nu du poète ; œil habité par ce qui est de divine essence : la pénétration, l’extrémité de sensibilité de l’intelligence, en un mot l’inspiration.[1] PSK s’invente dans la poésie (« ivre d’égards érudits ») mais aussi auprès et dans […]

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EDITORIAL

BIENVENUE a PKSNEWS

But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful. Nor again is there anyone who loves or pursues or desires to obtain pain of itself, because it is pain, but because occasionally circumstances occur in which toil and pain can procure him some great pleasure. To take a trivial example, which of us ever undertakes laborious physical exercise, except to obtain some advantage from it? But who has any right to find fault with a man who chooses to enjoy a pleasure that has no annoying consequences, or one who avoids a pain that produces no resultant pleasure?