Par Bassirou NIANG

Apparentement au forceps

Khalifa Sall, l’opposant politique dont on dit qu’il donne des cheveux blancs au candidat sortant M. Macky Sall, a choisi de s’allier à Idrissa Seck, ex-opposant à son propre parti, le Ps, pendant les années Diouf. Une cartographie politique de circonstance se dessine de façon inattendue quand le temps des alliances électorales sonne.
Qu’est-ce qui peut réunir un libéral convaincu et un socialiste tout aussi convaincu, si ce n’est un brûlant sentiment de solidarité humaine, des frustrations partagées ou peut-être, et pourquoi pas, des intérêts politique bien compris ? C’est de bonne guerre dira-t-on ! E c’est à se demander si cela sert à quelque chose d’avoir une couleur politique au Sénégal, puisqu’il suffit d’une élection pour que toutes les frontières de toutes les chapelles politiques s’effacent pour ne réapparaitre que lors du ‘’partage’’ des dividendes du succès électoral.
C’est aussi, pour ce cas-ci un jeu de vases communicant, une sorte de retour d’ascenseur: Idrissa Seck s’était allié à la coalition de l’ex-maire déchu de Dakar lors des législatives de 2017, laquelle était arrivée troisième. Alors, légitime serait une alliance de ‘’l’opposant en prison’’ avec le président du Conseil régional de Thiès ? Ce serait un partenariat « fondé sur un engagement commun de rupture et de refondation de la gouvernance institutionnelle, démocratique, institutionnelle et sociale », si l’on en croit la déclaration faite par le socialiste. Mais cela empêchera-t-il Idy de revivre – comme d’ailleurs bon nombre de Sénégalais – le réveil brutal de 2007 quand son principal challenger, Me Abdoulaye Wade, avait remporté le scrutin en « Un coup Ko ! », au premier tour donc ?
Difficile à dire. Cette présente élection est la plus incertaine de toutes depuis 2000. Mais on sent chez le candidat sortant un sentiment de confiance qui, à la même heure en 2012, n’existait pas chez le sortant Abdoulaye Wade. Il a peut-être une botte secrète, Macky Sall !

Par Bassirou NIANG